La cigale, la fourmi et la coccinelle sont au chômage...

3 amis «Chômeurs» avertis qui avons décidé de mettre des mots sur notre quotidien et faire partager nos aventures et mésaventures, nos coups de gueule et de coeur. Pour aider à se sortir la tête de l'eau et de vivre plus sereinement la condition de chômeu

18 mars 2007

Le chômeur du dimanche soir

Bien évidemment, le chômeur a une activité cafard bien supérieure à la moyenne. Surtout quand ce jour là de la semaine s'appelle le dimanche.

Pas facile à comprendre d'un premier abord, cette réalité est visible. Certains chômeuus le manifestent avec des rougeurs (eczéma, grand ami du chômeur, pas de solution possible sauf un contrat de travail), d'autres avec des cernes (maquillage d'appoint, je ne suggère aucune marque) et d'autres encore, le montrent avec des spasmes au niveau du ventre (des contorsions sont alors visibles parfois, le rictus devient plus pincé que d'habitude et si vous tendez l'oreille, on entend des trompettes en sourdine).

Bref, vous me direz, ce ne sont que des symptomes de stress. Que nenni !

Cela s'explique avec l'équation suivante :

(travailleur x cafard) = (chômeur x cafard²) x temps de chômage

Quelques conseils pour que cela se passe le mieux possible, en couple ou pas :

- le chômeur a le droit de pousser son cri de cafard désespoir et d'être réconforté par un(e) ami(e) ou bien aimé(e).

- le chômeur peut exercer des activités ludiques en réseau, pour montrer à son partenaire qu'il développe des activités sociales la semaine (rejouer avec Mick au poker, avec Balalouna au master mind...).

- le chômeur a la télécommande et choisit le programme (même si l'émission est un reportage débile sur des nouveaux millionnaires ou le énième démantèlement d'un réseau de prositution de l'ouest ou encore Prison break...).

- le chômeur peut ne pas prendre de douche le dimanche soir ou sinon, le faire reposer dans sa baignoire (ça lui laisse le temps de méditer dans une position quasi foetale et cela lui permet donc d'être moins agressif avec son environnement extérieur).

- le chômeur de sexe masculin a expréssément le droit de regarder Jour de foot sur Canal + (no comment)

- le chômeur n'est pas obligé ce soir là de ne pas faire la vaisselle parce que c'est aussi, le dimanche, le jour du repos du chômeur.

Bien évidemment, nous ne connaissons pas tous les droits du chômeur du dimanche soir. Libre à vous d'en rajouter !

Posté par mathilde75 à 22:24 - Les humeurs du chômeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


09 mars 2007

La confiance du chômeur

Petit témoignage du jour, par OSIO.

Il est 7. 30 ? Je n’arrive plus à dormir. Les rêves de cette nuit étaient tourmentés, violents…Des entretiens, des coups de fils…ce n’est pas vraiment clair mais une chose est certaine… c’est en relation avec la recherche d’emploi, avec ma condition humaine actuelle.

Se lever ? Pourquoi ? Les 5 annonces qui m’attendent pourront bien attendre 12h… alors je reste au lit, je pense encore et encore très égocentriquement à mes petites émotions, je les passe une à une en revue. « Et t’as vu comme il m’a regardé hier … ? Mais il n’était pas aussi câlin que la semaine dernière ? Je suis sûre qu’il se lasse…Je ne lui plais plus ? J’ai l’impression qu’il me désire moins en ce moment ? De toute façon une fille/garçon sans travail ne plaît pas à grand monde  » .

Et oui, le chômeur « psychote », il se remet toujours en question. C’est toujours de sa faute ou de la faute de sa condition humaine actuelle? Pourquoi ?

Tout d’abord le chômeur, contrairement à la personne active a le temps de penser, analyser,

« psychoter », etc…. Et puis, et surtout le chômeur n’a pas confiance en lui : il doute en permanence…. Pourquoi personne ne l’appelle, pourquoi il n’a pas d’entretien ? Pourquoi les entretiens foirent ? Pourquoi les mois passent et rien ne semble évoluer? Là il ne pense pas aux conséquences des politiques libérales de délocalisation, aux ingénieurs indiens payés 10 fois moins qui prennent son « pain quotidien »…

Il ne remet pas en cause le système universitaire, le peu de confiance que la société gérontocratique française accorde aux jeunes, la discrimination dont sont victimes les femmes, les personnes issues de l’immigration…Il ne voit ni les discriminations à combattre, ni d’ennemi responsable de cette situation. Il ne remet pas en cause la société ou alors quand il le fait ..c’est juste pour se remonter le moral quelques minutes, et ainsi répondre aux remarques de son entourage du type : « enfin je ne comprends pas une fille/ garçon comme toi qui a fait des études, des stages, etc et qui ne trouve pas de travail ! »

Il se lance alors dans un plaidoyer et veut clairement démontrer que sa condition ne dépend pas de lui, qu’il est quelque part une victime, victime d’un système, de la société.

Mais ce n’est qu’apparence…vraiment tout au fond de lui, sa condition humaine est seulement et uniquement de sa faute ! Il se remet en cause perpétuellement : du choix de la série de son baccalauréat passé il y a bientôt 10 ans, à son stage de fin d’étude, de la première lettre de motivation au dernier entretien, de la durée de la nuit dernière… tout y passe… il refait son passé…. qu’aurait-il pu, qu’aurait-il dû faire autrement ? … Le chômeur finit généralement son analyse après 7 mois de recherche active d’un emploi par « je suis une merde ! ».

Alors après, avec tout ce beau bagage psychologique, il doit se battre contre lui-même, se lever chaque matin pour envoyer de nouveaux CV, des lettres prouvant sa motivation, pour essayer de décrocher son téléphone et d’appeler ses potentiels employeurs et prouver….. l’inverse de ce qu’il croit : que c’est l’homme/la femme de la situation…. Qu’il assure dans toutes les situations, qu’il a confiance en lui et blablablabla… Mais l’employeur le regarde dans le blanc de l’œil…et essaie de déceler ces fausses notes qu’il connaît par cœur.. Le chômeur se sent alors agressé!!! Il se met en position « self –defense »..en général il loupe son entretien, en rêve pendant quelques nuits, se « re-culpabilise » de son échec et prend un petit « euphytose » ou un peu de drogue (à base de plantes douces pour limiter la culpabilité) pour calmer le rythme des pensées négatives.

Voilà le chômeur n’a pas confiance, alors quand son ami/e lui dit « t’es belle/beau ce soir », « repose toi bien », "belle journée", il pouffe de rire, devient rouge… et se dit « il/elle se fout de ma gueule celui-là/celle là ou quoi »… Le chômeur se trouvera beau et séduisant, et pourra mériter un repos, et apprécier une belle journée que lorsqu’il aura du travail !! En fait il pense qu’il se sentira vivre que lorsqu’il se lèvera à 6h 05 pour se rendre au travail.

La logique est parfois difficile à saisir pour l’entourage… Je lance donc un appel à toutes les personnes en contact direct avec un chômeur : Rassurez le chômeur perpétuellement, sans vous lasser, passer outre ses remarques désobligeantes, sa tendance à être agressif, à vouloir se renfermer… Répétez lui encore et encore que vous l’aimez, le désirez, qu’il compte pour vous, qu’il est utile, important, que vous avez besoin de lui ! Bref valorisez-le !


Posté par mathilde75 à 10:06 - Les humeurs du chômeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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